Du 2 au 4 juillet 2026, la capitale burundaise a accueilli la 2ᵉ Conférence panafricaine de l’Union africaine sur l’éducation des filles et des femmes (AU PANCOGED II). Pendant trois jours, plus de 400 participants issus d’une quarantaine d’États membres de l’Union africaine, de gouvernements, d’organisations internationales, de la société civile, du monde académique et de la jeunesse ont échangé sur les moyens d’accélérer l’accès des filles et des femmes à une éducation inclusive, équitable et de qualité.
Placée sous le thème « Prioriser l’éducation des filles et des femmes : développer leurs compétences et accélérer les opportunités d’apprentissage et de formation », cette deuxième édition a permis d’évaluer les progrès accomplis depuis la première conférence organisée en 2024, tout en identifiant les défis qui continuent de freiner l’accès des filles et des femmes à l’éducation sur le continent.
L’éducation des filles, un levier incontournable du développement africain
Les différentes interventions prononcées lors de la cérémonie d’ouverture ont mis en évidence une conviction largement partagée : le développement durable de l’Afrique passe par un investissement accru dans l’éducation des filles et des femmes.
Selon la Coordonnatrice résidente des Nations unies au Burundi, Violet Kenyana Kakyomya, l’éducation des filles et des femmes doit être placée au cœur de l’agenda du développement de l’Afrique. Elle a rappelé qu’il s’agit à la fois d’un droit fondamental et d’un puissant levier de transformation, capable de favoriser une croissance plus inclusive, de réduire les inégalités et de renforcer la résilience des communautés.
Le Burundi plaide pour un investissement durable dans les filles
Le Vice-président de la République du Burundi, Prosper Bazombanza, a souligné que l’investissement dans les filles représente un investissement dans les générations futures. Il a rappelé que l’éducation ouvre les portes du savoir, de la dignité et de l’autonomisation, permettant aux femmes de devenir des actrices essentielles du changement au sein de leurs familles, de leurs communautés et de leurs pays.
Des progrès encourageants, mais des défis persistants
Présentant l’état de l’éducation des filles et des femmes au Burundi, le ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, a mis en lumière les progrès réalisés dans l’accès à l’école, tout en soulignant les difficultés qui subsistent tout au long du parcours éducatif.
Selon les données présentées, les filles représentent 50,45 % des effectifs du préscolaire et 51,48 % des élèves du primaire. En revanche, leur représentation diminue progressivement dans les niveaux supérieurs, jusqu’à atteindre environ 25 % des étudiants inscrits dans les universités. Cette réalité illustre l’un des principaux défis évoqués durant la conférence : améliorer non seulement l’accès à l’éducation, mais également le maintien des filles dans le système scolaire jusqu’à l’enseignement supérieur.
Le ministre a réaffirmé l’engagement du Burundi à poursuivre les réformes destinées à renforcer l’équité, l’inclusion et la qualité de l’éducation, avec une attention particulière portée aux filles et aux femmes.
Développer les compétences pour répondre aux défis de demain
Au-delà des allocutions officielles, les travaux ont porté sur les moyens de mieux préparer les filles et les femmes aux évolutions économiques, technologiques et environnementales. Les échanges ont notamment porté sur le développement des compétences numériques, l’entrepreneuriat féminin, les nouveaux modèles d’apprentissage numérique et hybride, la promotion des filles dans les filières de l’enseignement technique et professionnel ainsi que dans les disciplines STEAM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Arts et Mathématiques). Les participants ont également partagé leurs expériences sur l’éducation en situation d’urgence et les réponses à apporter face aux effets du changement climatique.
Ces discussions ont mis en évidence la nécessité d’adapter les systèmes éducatifs africains aux besoins du marché du travail, tout en garantissant aux filles et aux jeunes femmes un accès équitable aux compétences qui façonneront les emplois de demain.
Une coopération renforcée pour accélérer les progrès
Tout au long des trois journées de travaux, les représentants des États membres, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile ainsi que les institutions de recherche ont partagé leurs expériences et leurs bonnes pratiques afin d’accélérer la mise en œuvre de politiques éducatives sensibles au genre. Les discussions ont notamment insisté sur l’importance d’accroître les investissements dans l’éducation des filles, de favoriser leur maintien dans le système scolaire, de développer les formations techniques et professionnelles, de réduire les inégalités d’accès au numérique et de renforcer la coopération entre les différents acteurs engagés en faveur de l’éducation.
Bujumbura donne un nouvel élan à l’agenda africain pour l’éducation des filles
Au terme de cette deuxième Conférence panafricaine, un message fort s’est imposé au fil des interventions : l’éducation des filles et des femmes demeure une priorité stratégique pour la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des Objectifs de développement durable. Les échanges ont rappelé qu’aucun pays ne pourra pleinement exploiter son potentiel humain, économique et social sans garantir aux filles et aux femmes un accès équitable à l’éducation, à la formation et au développement des compétences.
En réunissant gouvernements, organisations internationales, chercheurs, partenaires techniques et représentants de la jeunesse, cette édition de l’AU PANCOGED II a confirmé la volonté des acteurs africains de poursuivre leurs efforts afin de bâtir des systèmes éducatifs plus inclusifs et de créer davantage d’opportunités pour les millions de filles et de femmes du continent.

