Une nouvelle initiative panafricaine entend contribuer à renforcer la présence des femmes africaines dans les sphères de décision. L’Académie africaine pour les femmes dans le leadership politique a officiellement été lancée à Kigali, avec pour ambition de former une nouvelle génération de dirigeantes capables de jouer un rôle accru dans la transformation politique et institutionnelle du continent.
L’initiative est portée conjointement par l’African School of Governance (ASG), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Commission de l’Union africaine (CUA) et le Réseau des femmes leaders africaines (AWLN).
Former, accompagner et créer des réseaux
L’Académie propose un espace dédié à la formation, au mentorat et aux échanges entre femmes engagées dans la vie publique. Le programme vise notamment à renforcer leurs compétences en leadership, gouvernance et prise de décision, mais aussi à leur permettre de développer des réseaux et des liens de solidarité à l’échelle continentale.
L’objectif dépasse ainsi la seule question de la représentation féminine en politique. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux femmes d’accéder durablement aux responsabilités publiques, d’y exercer leur leadership et d’influencer les politiques et les décisions qui façonnent l’avenir de leurs sociétés.
Lors du lancement, le Dr Jide Okeke, directeur du Programme régional pour l’Afrique au PNUD, a insisté sur cette nécessité : « Nous ne devons pas nous contenter de compter le nombre de femmes qui entrent en politique ; nous devons surtout commencer à compter le nombre de femmes qui restent au pouvoir une fois qu’elles y sont parvenues. »
Une première cohorte de 40 femmes
Pour sa première édition, l’Académie a sélectionné 40 participantes parmi plus de 1 300 candidatures provenant des cinq régions du continent africain.
Les participantes bénéficieront d’un programme hybride de quatre semaines combinant formation exécutive, enseignements structurés, mentorat et apprentissage entre pairs.
À travers cette première cohorte, les organisateurs souhaitent constituer progressivement un réseau de femmes leaders capables de porter des changements durables dans leurs communautés, leurs institutions et leurs pays.
Une contribution aux ambitions de l’Agenda 2063
Le lancement de l’Académie intervient alors que la participation effective des femmes aux processus de décision demeure un enjeu majeur en Afrique. Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs pays en matière de représentation politique et institutionnelle, les femmes continuent de faire face à des obstacles liés notamment à l’accès aux réseaux d’influence, aux ressources, aux responsabilités de haut niveau et à la pérennisation de leur présence dans les espaces de pouvoir.
L’Académie s’inscrit ainsi dans les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui place les femmes et les jeunes au cœur de la transformation du continent. Elle contribue également aux objectifs de l’ODD 5 des Nations unies, consacré à l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation des femmes.
Au-delà de la formation, cette initiative pose une question essentielle : comment passer d’une meilleure représentation des femmes à une véritable influence des femmes dans les décisions politiques et publiques ?
À Kigali, les partenaires de l’Académie entendent apporter une partie de la réponse en investissant dans les compétences, les réseaux et le leadership d’une nouvelle génération de femmes africaines.


