Les femmes de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) veulent être davantage associées aux efforts de paix et aux mécanismes de suivi du cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Elles ont formulé cette demande mardi 11 août à Goma, à l’issue d’un forum consacré à la participation des femmes au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu.
Organisée par la Section Genre de la MONUSCO, la rencontre s’est tenue en présentiel et en ligne avec la participation de représentants des institutions nationales, d’organisations de la société civile, de femmes leaders, de jeunes ainsi que d’experts des Nations unies basés à Goma et à New York.
« Nous ne voulons plus être de simples observatrices »
Au terme des échanges, les participantes ont appelé à une implication effective des femmes, notamment celles du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans les initiatives de résolution des conflits et dans le dialogue national en préparation.
Pour les participantes, cette participation est indispensable à la construction d’une paix durable. Les femmes, particulièrement exposées aux conséquences des conflits armés, jouent également un rôle important dans la médiation communautaire, la cohésion sociale et la reconstruction des communautés.
« Nous ne devons pas être seulement des observatrices. Nous avons besoin que la voix de la femme soit écoutée et respectée », a déclaré Isabelle Pendeza, présidente du Collectif des Associations Féminines pour le Développement (CAFED).
Les femmes, des actrices du suivi du cessez-le-feu
La question porte également sur l’accès des organisations féminines aux mécanismes de surveillance et d’alerte.
Kassimi Bamba, responsable de la cellule d’accompagnement du mécanisme de suivi du cessez-le-feu à la MONUSCO, a souligné que les organisations de femmes pourraient contribuer à améliorer la circulation de l’information entre les communautés locales et les mécanismes internationaux.
Selon lui, leur contribution pourrait notamment permettre de faire remonter des informations issues du terrain et d’aider à identifier plus rapidement les situations susceptibles de provoquer une nouvelle escalade des tensions.
Cette implication est considérée comme particulièrement importante dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+) de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Une voix à intégrer dans les processus de paix
Pour les participantes, intégrer les perspectives des femmes dans les mécanismes de surveillance, de prévention et de résolution des conflits permettrait de mieux prendre en compte les réalités vécues par les communautés affectées par les violences.
La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations unies à la MONUSCO, Vivian van de Perre, a indiqué que les recommandations issues du forum seraient transmises aux instances concernées afin qu’elles puissent être prises en compte dans les initiatives de paix en cours.
À travers cette mobilisation, les femmes de l’Est de la RDC entendent donc passer du statut de victimes des conflits à celui d’actrices à part entière de la paix. Leur revendication rejoint l’esprit de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité, qui reconnaît la nécessité d’une participation pleine et effective des femmes à la prévention des conflits, aux négociations et à la consolidation de la paix.

