samedi, février 24, 2024

San Francisco 2023 : « Nous avons sélectionné 98 films issus de 38 pays d’Afrique » Chike Nwoffiah, Directeur exécutif du Silicon Valley Africa Film Festival (SVAFF)

À la veille de l’ouverture de la quatorzième édition du Silicone Valley Africa film Festival (SVAFF) qui aura lieu du 13 au 15 octobre à San José à San Francisco, le site Lesafricaines s’est entretenu avec Chike Nwoffiah, Directeur exécutif dudit festival.

Dans cet entretien, il revient entre autres sur la genèse de cet événement cinématographique africain au cœur de la Silicon Valley, le choix du lieu ainsi que le programme.

Qui est Chike Nwoffiah ?

Chike C. Nwoffiah né le 22 juillet 1965 au Nigeria est un cinéaste et consultant artistique nigérian. Il a été répertorié comme l’un des « dix Afro-Américains les plus influents » de la région de la baie de San Francisco

Pouvez-vous nous présenter Silicon Valley Africa film Festival (Svaff) ?

Svaff a été créé pour faire face à la triste réalité qu’après plus de 50 ans de domination post-coloniale en Afrique, la plus grande partie de la narration de l’Afrique est toujours présentée au monde à travers une lentille étrangère, avec des narrations qui ont créé des interprétations floues de l’Afrique et des Africains.

Pour les cinéastes africains désireux de partager les histoires vraies, les espoirs et les rêves de l’Afrique avec la communauté mondiale, les questions de fond sont, à travers un large éventail de thèmes narratifs, esthétiques et thématiques, des préoccupations plus communes que les tarifs d’évasion et de sensationnalisme.

En cela, le cinéma africain ne défie pas seulement les réseaux complexes d’ignorance, préjugés et stéréotypes qui sous-tendent la représentation pernicieuse de l’Afrique en tant que lieu de troubles, de privation et d’ambiguïté. Svaff présente l’Afrique à travers la lentille africaine.

Pourquoi le choix de la Silicon Valley pour abriter le festival ?

 J’ai fait le choix d’organiser le festival à San Francisco dans la ville de San Jose, où nous sommes basés. San Jose est la capitale, de la Silicon Valley, qui a vu naître la technologie, où l’on retrouve les directions de Google, Netflix, Adobe, Nenet, Facebook entre autres. On y retrouve aussi les célèbres universités de Stanford, de Santa Clara, et de San Estate. Elle est aussi une région si magnifique, intéressante et connue internationalement dans le domaine de la technologie.  Je suis venu ici pour travailler dans la biotech, mais en grandissant, j’ai toujours été dans le théâtre et le cinéma, même si j’ai été dans une école de commerce, bien sûr, pour mes études universitaires.

Et donc, lors de mes études en biotech, j’ai fait face à un peu de… de… une sorte de… d’ignorance, si vous voulez, ou juste de malentendu sur l’Afrique, parce que les gens vous posaient des questions si étonnantes que vous vous demandiez « Est-ce qu’ils m’ont vraiment posé cette question ? » « Plaisaient-ils ou non ? » Mais ça m’est tellement arrivé qu’à de nombreuses reprises, les gens étaient juste curieux et ils avaient la mauvaise information. Ils avaient un point de vue disons « Tarzan » de l’Afrique et j’entends par là, qu’ils ont l’image d’Afrique que vous voyez dans un film comme Tarzan, l’image des gens vivant dans la forêt, et se déplaçant par le biais des arbres.

Pouvez-vous nous donner plus de détails par rapport à cette ‘’perception de l’Afrique’’ en Amérique ?

Vous serez surpris que, de nos jours en Amérique, certaines personnes ont toujours cette image de l’Afrique, parce que dans une large mesure, pendant longtemps, notre histoire, ainsi que celle de nos ancêtres africains, ont été racontées dans cette optique coloniale, qui semblent toujours projeter l’Afrique dans les médias, au grand public, dans les films, à la télévision, dans les journaux, tel un lieu toujours désespéré, plus bas que pauvre, où les enfants sont malheureux.

L’Afrique est souvent vue comme toujours en pleurs, désolée et sans bonnes intentions. Et donc, quand certains d’entre nous sommes arrivés ici et avons commencé à rencontrer ces réalités, qui en étaient pour beaucoup de ces autres personnes, mes collègues et moi, nous sommes retrouvés dans une situation où nous expliquions constamment ce qu’est réellement l’Afrique. L’Afrique que je connais, pas l’Afrique qu’ils regardent à la télévision ou dans les films.

Racontez-nous un peu l’historique du festival ?

En tant qu’enseignant, je montrais à mes élèves les vraies histoires d’Afrique racontées par les Africains. Et beaucoup d’entre eux étaient toujours étonnés de ce qu’ils voyaient, parce qu’ils voyaient une autre Afrique, pas celle qu’ils voyaient à la télévision, mais la vraie Afrique, l’Afrique qui leur ressemblait avec des gens qui leurs ressemblaient, qui vivent, généralement, de la même manière qu’eux, en tombant amoureux et cessant d’aimer, en faisant de même qu’eux.

 En gros, c’était vraiment une expérience d’ouverture d’esprit pour beaucoup d’entre eux, et à cet instant, j’ai eu l’idée de partager cette expérience avec une communauté plus grande à l’extérieur du campus de l’Université, afin d’exposer plus de gens de la Silicon Valley à cette histoire africaine.

Et c’est réellement ainsi que j’ai commencé, la première fois où, pour une demi-journée, j’ai pu obtenir environ 16 films, les écrire, les raconter, en discuter dans des conversations avec la communauté et les personnes présentes. Et tout le monde était vraiment si excité qu’ils ont commencé à se demander quand je pourrais faire ça encore.  Tout ceci nous a donc   mener à ce que nous appelons aujourd’hui le Festival des Films Africains de la Silicon Valley. Cette année, nous célébrons la 14 -ème édition avec 94 films de 38 pays.

Quel est le nombre de films sélectionnés ainsi que les critères de sélection?

Pour cette édition nous avons 98 de films sélectionnés issus de 38 pays. Les critères de sélection sont les suivantes. Il faudrait que le film sélectionner soit écrit par un africain ou alors qu’un africain soit acteur pour l’un des rôles principaux du film et que le film traite des problèmes lié à l’Afrique.

Pouvez-vous nous parler des activités et des événements organisés en marge du festival ?

Le programme est riche et varié. D’emblée, les cinéastes auront l’opportunité de faire une tournée de l’industrie et visiter le siège mondial de YouTube pour qu’ils discutent des moyens potentiels de monétiser sur YouTube et approfondissent le sujet du piratage de monétisation entre autres. Nous irons également au siège administratif et au siège social de Netflix pour leurs permettre de d’apprendre plus sur les mécanismes de fonctionnement de Netflix.

Les leaders noir et dirigeants noirs dans la Silicon Valley les accueilleront à un dîner de bienvenue communautaire où ils pourront communier avec la communauté afro-américaine. Il est également prévu une projection spéciale pour les élèves noirs des collèges de la région de la Silicon Valley en collaboration avec le comté de Santa Clara, de l’Alliance des éducateurs noirs avec environ 200. En outre, il y aura des prestations artistiques, la présentation des films en compétition. Nous lèverons le voile sur le long métrage de la soirée d’ouverture. Pour 2023 c’est un beau film de Tanzanie appelé Nakupenda Film.

Propos recueillis par Ndeye Maguette Kebe -fondatrice Lesafricaines.

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