ONU-FEMMES a tenu, ce lundi 30 octobre 2023 , à Dakar, un atelier d’échanges sur le thème « Etat des lieux, enjeux, défis et perspectives pour le travail de soins non rémunéré des femmes au Sénégal ».
Ladite rencontre était organisée dans le cadre de la commémoration de la première Journée Internationale des Soins. Celle-ci est célébrée suite à l’adoption en 2023 par l’Assemblée Générale des Nations Unies d’une résolution proclamant le 29 octobre comme Journée Internationale des Soins.
D’après Elena Ruiz, directrice régionale adjointe par intérim de ONU-FEMMES, la résolution reconnaît la charge disproportionnée que représentent les soins non rémunérés et le travail domestique pour les femmes et les filles et souligne la nécessité de s’attaquer à ces obstacles structurels, qui entravent l’autonomisation des femmes.
Elle a indiqué lors de son allocution que partout dans le monde, les femmes et les filles continuent d’assumer une part disproportionnée de travail domestique et de soins qui est souvent non-paye, et non comptabilisée dans les indicateurs économiques traditionnels, même si ce travail est essentiel pour le bien-être des individus, des communautés et des économies.
Elena Ruiz a révélé que ‘’Si elle était comptabilisée, la valeur des activités non rémunérées des femmes au Sénégal équivaudrait à 13.9 % du PIB (ANSD, 2022). En Afrique, les femmes passent 3.5 fois plus de temps aux travaux de soins non rémunérés que les hommes’’.
A en croire Mme Ruiz qui cite une étude de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) du sénégal, ‘’ les femmes consacrent en moyenne par jour, 4 heures 9 minutes aux tâches ménagères et à la garde des enfants contre 27 minutes pour les hommes’’.
La top management de ONU-EFEMMES en Afrique de l’Ouest et du centre explique que ‘’les écarts sont plus notables en zone rurales. Une étude menée par ONU Femmes démontre que les femmes rurales consacrent jusqu’à 12 heures par jour à ces activités non rémunérées, avec 45 % d’entre elles, s’occupant quotidiennement d’un enfant ou d’un parent souffrant d’un problème de santé chronique ou d’un handicap’’.
Elle a laissé entendre que ‘les femmes doivent donc organiser leurs activités professionnelles ou génératrices de revenus en fonction des exigences de leurs responsabilités non rémunérées car cette pauvreté de temps est l’une des contraintes majeures à l’autonomisation des femmes et des jeunes filles et à leur pleine participation dans l’activité économique’’.
Elle exhorte ainsi à la mise en place des réformes et stratégies visant à reconnaître la valeur de la prestation de soins non rémunérée ; réduire la pénibilité du travail et la pauvreté de temps et Redistribuer plus équitablement les responsabilités tant au sein du ménage que dans la communauté.