vendredi, avril 19, 2024

Sénégal : Woury Souaré membre de la cellule de Communication de l’association ‘’ femmes Emancipées’’ : « le code de la famille est obsolète »

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Woury Souaré, je suis Juriste et membre de la cellule de Communication de l’association ‘’ Femmes Emancipées : KEUR JIGEEN NI’’ (maison des femmes en français).

Parlez-nous de l’association ‘’ Femmes Emancipées :  »KEUR JIGEEN NI ‘’?

Nous sommes une association à but non lucratif, dénommée ‘’Femmes Émancipées, Keur Jiguen Gni’’. Elle est créée pour que les femmes puissent être entendues, s’épanouir dans un environnement sain, en toute sécurité. Au sein de l’association, elles peuvent confier leurs maux, étaler leurs quotidiens et lutter contre toutes les injustices et violences dont elles sont victimes aussi bien dans le milieu conjugal, sociétal et des affaires…

Quelles sont les missions de ‘’ femmes Emancipées :  »KEUR JIGEEN NI ‘’ ?

 L’association est composée de femmes évaluant dans plusieurs domaines. Elle apporte un soutien juridique, moral, sanitaire, financier, physique entre autres à celles qui en ont besoin. Nous avons mis en place des dispositifs leur permettant de se reconstruire, de faire face à leurs maux, de s’aimer et d’avoir confiance en elles. Elles bénéficient d’accompagnement et d’aide par exemple sur les démarches juridiques à faire, la mise en relation avec des professionnels en la matière pour chaque cas concernant leurs droits.

Faites-nous le bilan des activités de l’association depuis sa création ?

 Nous avons eu à faire pas mal d’activités. En l’occurrence une remise de don au village d’Enfant SOS sis à la Cité Baobab (orphelinat basé à Dakar). Nous préparons une autre activité visant à rencontrer chaque femme au niveau de son quartier (rubrique Quartier à la une).

Peut-on avoir une idée du nombre d’adhérent (es) ainsi que les conditions d’adhésion ?

Nous comptons aujourd’hui plus de cent membres dont un groupe de femmes et un autre composé d’hommes qui nous soutiennent. Il faut juste être femme et avoir la même essence que nous. Pour être un membre à part entière, il faut acheter la carte de membre en plus des cotisations mensuelles.

Comptez-vous élargir l’association au niveau des pays de la sous-région?

Oui, voire à l’international aussi, pour le moment, elle est composée de nombreuses femmes appartenant à différentes régions du Sénégal même si la région de Dakar a le plus grand nombre.

Vous militez entre autres pour la révision du code de la famille, sera-t-il facile selon vous d’obtenir gain cause au Sénégal ?

Oui, nous voulons une modification du code de la famille, un code, pour nous qui est obsolète, il est resté le même depuis les années 70, il est figé dans le marbre, et ne prend plus en compte les réalités de la société actuelle. Les femmes rencontrent de nombreux problèmes dans la vie conjugale mais également après celle-ci.

La puissance paternelle dont l’exercice a été attribué à titre principal à l’homme, comme étant le chef de famille, pose d’innombrables problèmes. Il empêche à la femme, mère de l’enfant d’avoir les mêmes droits sur son enfant. A cela s’ajoute, le versement de la pension alimentaire, qui constitue un réel problème pour les femmes, dont l’exécution n’est pas effective. L’impossibilité pour la femme de voyager avec son enfant sans préalablement avoir l’autorisation du père. Pour le cas de l’enfant naturel, plusieurs femmes sont confrontées par le refus de reconnaissance de l’enfant, le versement de la pension alimentaire qui découle de l’action en indication de paternité ainsi que la possibilité offerte au père, de pouvoir revendiquer des droits sur l’enfant qu’il avait jadis abandonné.

 Votre dernier mot ?

Nous lançons un appel au Président de la République et aux législateurs pour de meilleures conditions de vie des femmes et de leurs enfants.

Propos recueillis par Salimata Diop ( stagiaire)

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